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03-11-03

casablanca

                          

Casablanca est la capitale économique du Maroc. Casablanca est une vitrine du Maroc moderne et préfigure celui de demain.

Ce rôle prépondérant est le résultat de la volonté d'un homme, le général Lyautey, premier Résident Général de la République française de 1912 à 1925. Envers et contre tous, Lyautey décida de faire de Casablanca le centre économique du Royaume. Il développa l'activité du port et entreprit l'aménagement urbain des nouveaux quartiers. Dès lors, la ville bénéficia d'un essor spectaculaire, qui, aujourd'hui encore, semble ne pas devoir s'arrêter

C'est aussi la ville la plus peuplée : 3,5 millions d'habitants. Mais ce n'est pas une ville impériale : elle n'a été capitale politique à aucune époque de l'Histoire marocaine. Et avant la construction de la Mosquée Hassan II qui a eu lieu entre 1988 et 1993, elle n'avait pas un grand intérêt touristique.

Aujourd'hui, Casablanca est un peu plus qu'une halte pour les touristes entre deux villes impériales. La mosquée Hassan II, ou "l'édifice religieux le plus haut de l'univers", a de quoi attirer les foules : un minaret de 200 m de haut, 2 fois plus grand que les tours de la cathédrale de Chartres ! et un intérieur magnifique qui rassemble tous les aspects de l'Art marocain. Le site est bâti au deux tiers sur l'Atlantique. La mosquée est une des rares mosquées du Maroc à pouvoir être visitée par les non-musulmans. Nous avons pu admirer le magnifique sol marbré, l'eau qui court sur une rigole de verre au centre du parterre, et évidemment (voir L'Architecture Hispano-Mauresque) des zelliges, du stuc et du cèdre sculpté. De façon étonnante, feu le roi Hassan II (mort en 1999) a pris l'option "toit ouvrant". En effet, une grande partie du toit est sur glissière et peut être ouvert et fermé en moins de 3 minutes !

Les fontaines d'ablution et le Hammam (thermes arabes qui proviennent encore de la tradition romaine) peuvent être visité au sous-sol. Les colonnes sont recouvertes de stuc vénitien (voir L'Architecture Hispano-Mauresque) et les lustres sont élaborés par les forgerons de Fès.

Sachez que l'architecte de cette merveille est un architecte français, Michel Pinseau, et que le maître d'œuvre est l'entreprise Bouygues. 10000 artisans se sont relayés nuit et jour pendant des années pour le travail intérieur et extérieur.
Après la visite de la mosquée, un petit tour dans Casa pour voir la célèbres place des Nations-Unies avec l'ancienne résidence du Maréchal Lyautey, résident général du Maroc de 1912 à 1925. Une statue lui est d'ailleurs dédiée

 


 

 

Posté par wenero à 23:17 - pour mieux connaitre la ville - Commentaires [4] - Permalien [#]

05-12-06

Casaoui, qui es-tu ?

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Il est foncièrement urbain, quelque part résistant ou indifférent au pouvoir, et forcément prêt pour la débrouille. Portrait d'un prototype en mutation permanente.


Il existe une véritable culture casablancaise, une identité urbaine, même si la majorité des gens habitent la ville depuis moins de deux générations, même si on répète souvent que la ville n'a pas d'histoire, comparée aux capitales impériales ancestrales, même si elle est faite 
de bric et de broc et qu'elle n'affiche pas au premier regard de cohérence très marquée. La culture casablancaise existe et elle s'est justement construite sur les particularités listées plus haut. Mohamed Tozy, sociologue : “La culture de Casa, c'est d'abord une certaine forme d'insolence vis-à-vis de toute autorité”. Rien d'étonnant à cela : le Makhzen, à Casa, n'a pas le même poids qu'ailleurs. Pour tout dire, il a l'air un peu dépassé par les événements. On raconte souvent la blague du paysan qui débarque à Casablanca et qui s'écrie à la vue de demoiselles attablées aux terrasses des cafés : “Mais est-ce que le Makhzen est au courant ?” Nous parlons ici d'une ville qui s'est construite contre les statuts acquis, qui respecte infiniment plus le pouvoir économique que le pouvoir politique. Combien de Casablancais connaissent le caïd de leur quartier? Et combien en ont peur ? Hicham Abkari, agitateur culturel chevronné, va plus loin : “Ici, il y a une énorme défiance vis-à-vis de tout ce qui représente l'état ou l'administration”. L'Etat est tout simplement perçu comme un frein au développement économique de la ville et non pas comme le pourvoyeur de faveurs précieuses. Si le Casablancais grogne volontiers, c'est que rien ne va assez vite pour lui. Il est dans un autre rythme que celui du reste du pays. Un entrepreneur raconte : “Lorsque j'ai besoin d'un papier officiel, j'ai l'impression, dès que je mets les pieds dans l'administration, qu'on ne vit pas dans le même monde. Les choses avancent, on construit des projets, on bouge, et eux ils restent figés”. Alors, l'entrepreneur râle...

Le Casablancais tire sa liberté de ton de son pouvoir économique, bien sûr, mais aussi de l'anonymat généré par une grande ville. “Les espaces anonymes sont des espaces de liberté. Ils permettent de faire des choses qu'on est censé ne pas faire”, explique le sociologue Jamal Khalil. Les exemples sont nombreux : les jeunes filles qui prennent un taxi en djellaba à Aïn Sebaâ et débarquent au Maârif en tenue sexy. Les clients des cabarets du centre-ville qui se retrouvent le soir autour d'une bouteille sans jamais se connaître le jour. À Casablanca, on peut mener plusieurs vies de front, multiplier les identités. On peut être fêtard le vendredi, rajaoui le samedi, père de famille le dimanche et employé de banque le lundi sans le moindre problème. Jamal Khalil : “C'est une ville ou le menu est copieux. Ceux qui profitent de ces possibilités sont ceux qui réussissent, les autres se plaignent...”

Q'fouzia casaouie
Encore faut-il être capable d'en profiter. La ville est grande, elle est pleine de codes informels. Il faut communiquer sans cesse pour s'y retrouver. Lorsqu'un Londonien veut prendre le métro ou le bus, il trouve partout des indications sur les directions, les horaires, les tarifs. A Casablanca, il faut faire l'effort, demander, parler pour s'y retrouver, se débrouiller pour savoir. C'est ce qui fait la fierté du Casaoui, cette q'fouzia (vivacité d'esprit) indispensable pour appréhender une réalité quotidienne complexe, cette recherche permanente de la façon la plus rapide, la plus économique de réaliser n'importe quelle opération de la vie quotidienne. Dans la tête du Casaoui, il doit y avoir un raccourci, forcément. Et découvrir ces qoualeb, c'est le sport numéro un, une attitude qui constitue un sous-produit d'une économie informelle et d'un système officiel peu fiable. Poussée à son extrême, cette fierté peut rapidement se transformer en véritable complexe de supériorité. C'est ainsi que le Casaoui est souvent perçu en dehors de sa ville comme un peu arrogant, très sûr de lui. “C'est à Casablanca qu'on assiste à une véritable émergence de l'individu, il existe par lui-même, il ne traîne pas avec lui toute une histoire familiale”, confirme Jamal Khalil. Il poursuit : “On te demande rarement le nom de ton père ou tes origines, on fait peu de référence à la famille”. Le résultat, c'est une ville où les classes sociales sont moins cloisonnées qu'ailleurs dans le pays, où tout le monde se côtoie plus ou moins. La culture de la ville est née de ce grand mélange, de cette dynamique.

Darija, langue “officielle” ?
Le langage, par exemple, évolue sans arrêt. On produit en permanence des mots, des expressions. Des expressions à la pelle. Des exemples ? En vrac : “fine assat ?” pour demander des nouvelles, “mmout” comme signe d'approbation, “natala” ou “la âalaqa” pour exprimer ses réserves, “tlah” pour prendre congé. Car, évidemment, tout ceci se passe en darija, la langue “officielle” de la ville. Le fait qu'il n'y ait pas eu à Casablanca d'élite arabophone (l'élite économique, elle, parle français) a permis à la darija d'évoluer à l'aise, sans complexes, pour devenir cet outil vivant, flexible, et finalement bien plus riche qu'on ne le pense. Dans le quartier de Hay Mohammadi, les gens ont l'habitude de dire que leur capital le plus précieux, c'est le verbe. C'est vrai pour tous les quartiers populaires de la ville. Pas étonnant, dans ces conditions, de trouver une profusion étonnante de groupes de rap. Postés aux coins de leur quartier - ras edderb, les jeunes racontent, commentent, argumentent, se défient. Avec souvent ce mélange d'autodérision et de morgue qui fait le cachet de la Casa attitude. Un exemple avec le rappeur Bigg, chef de file du rap casablancais et grande gueule inspirée : “J'attends toujours le jour où je me sentirai libre. Les mentalités sont arriérées, et tous les autres me suivent, essoufflés”. Bigg a autoproduit son album, comme tous les rappeurs de la ville : on préfère se débrouiller avec ce qu'on a plutôt que d'attendre un hypothétique soutien de quiconque. C'est possible aujourd'hui, si l'on sait tirer le maximum des nouvelles technologies informatiques. D'autres se lancent dans le zajal, la poésie en darija avec autant de verve - et toujours à compte d'auteur. Dans tous les cas, nous avons affaire à un art de rupture qui ne s'inscrit dans aucun cadre officiel et qui en tire finalement toute sa légitimité. Casablanca, c'est la seule ville du pays où il existe un underground, une culture alternative assumée comme telle. Elle a été autrefois incarnée par Nass El Ghiwane ou Lemchaheb, Mohamed Zefzaf ou Driss Khoury. Aujourd'hui, la manifestation la plus éclatante de cet underground triomphant, il faut la chercher du côté du Boulevard des jeunes musiciens. Cet événement organisé sur quatre jours est capable de rassembler quelque 100 000 jeunes qui viennent écouter des styles musicaux qu'on a longtemps pensés marginaux : hip hop, heavy metal, musique électronique, fusion... Bien sûr, les musiciens ne sont pas tous originaires de Casablanca, mais quelle autre ville pouvait accepter de les mettre en valeur sans états d'âme ? Mohamed Tozy : “A Casablanca, l'irrespect engendre la créativité. C 'est une ville qui se donne le droit d'inventer, tout simplement”.

Identité casaouie… identité marocaine ?
La ville, qui s'est construite sur la modernité, pose chaque jour la difficile question de l'identité marocaine. On entend régulièrement les interrogations revenir dans la bouche de certains observateurs angoissés : les rappeurs sont-ils des musiciens marocains ? Sortir le soir entre filles est-il un comportement marocain ? Un garçon qui porte les cheveux longs est-il marocain ? Les principaux intéressés, eux, ne s'embarrassent pas de ce genre de considérations. Ils sont marocains, bien sûr, (que seraient-ils d'autre ?) Et casaouis, bien évidemment. Ils en sont fiers, même s'ils critiquent volontiers le système. Ils fabriquent leur culture, ne la subissent pas. Car la ville, qui n'a pas de passé impérial ou ancestral, a pourtant bien une histoire, bâtie sur des valeurs différentes. Une histoire ouvrière, pour commencer, profondément populaire. Ajoutons-y une tradition de révolte contre tous les systèmes imposés, colonial (soulèvement des carrières centrales), ou makhzénien (émeutes de 1981) et complétons le tout par un dynamisme à toute épreuve. Le résultat, c'est une ville qui construit ses propres codes, ses propres rites quasiment au jour le jour. Les Casablancais fabriquent leurs propres moussems (le derby Raja-WAC, par exemple), leurs propres héros (Larbi Batma), leur propre langage... Au total, une sorte de bouillon de culture passionnant à observer que Mohamed Tozy appelle “le creuset de l'identité marocaine”.

 

Posté par wenero à 23:41 - Casaoui, qui es-tu ? - Commentaires [1] - Permalien [#]

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